Petit retour sur le film Une femme d’exception

"Quand je te regarde, je ne sais pas ce que je vois. Une chimère, voilà ce que je vois." Dans le nouveau film de Sebastián Lelio, "Une femme fantastique", ces mots d'une cruauté à couper le souffle sont prononcés par l'ex-femme d'Orlando, Sonia (Aline Kuppenheim), à l'intention de Marina (Daniela Vega), une femme transgenre en deuil de son amant décédé, Orlando (Francisco Reyes). Sonia parle avec une confiance si calme, une certitude si effrayante, que tout le film - et le problème qu'il dépeint - en devient très net. Comme dans son film "Gloria", sorti en 2013, où une femme de 58 ans s'est battue pour affirmer son identité - sexuelle et autre - dans un monde où les personnes âgées sont censées être invisibles, dans "Une femme fantastique", une femme trans se bat pour le simple respect humain dans un monde où la haine est omniprésente. Subjugué par des éléments fantastiques, des séquences oniriques et des images hallucinatoires, "Une femme fantastique" met en scène Daniela Vega, une actrice trans, et sa performance enracine le film dans une sorte de vraisemblance intime.

Marina est vue pour la première fois lors d'un dîner romantique avec Orlando. Ils boivent et mangent, dansent, rentrent en titubant à la maison ensemble, font l'amour. Orlando est beaucoup plus âgé que Marina, et manifestement riche (il possède une usine de textile), tandis que Marina est serveuse et poursuit une carrière de chanteuse. Mais Orlando souffre d'un anévrisme et meurt sur la table d'opération après qu'une Marina paniquée l'ait conduit aux urgences. C'est là que ses ennuis commencent. Elle est traitée avec suspicion par le personnel de l'hôpital. On l'appelle "il" parce que son permis de conduire n'a pas été modifié pour refléter son identité sexuelle. Les flics arrivent pour l'interroger. Orlando a des bleus sur le corps après être tombé dans les escaliers pendant l'anévrisme, et on le soupçonne d'avoir commis un acte criminel. On demande à Marina si Orlando la payait pour avoir des relations sexuelles. On ne lui accorde pas le respect que recevrait une épouse ou une petite amie en deuil. Elle est instantanément poussée hors du cercle chaleureux d'appartenance qu'Orlando représentait pour elle.

L'ex-femme et le fils d'Orlando (Nicolás Saavedra) veulent que Marina quitte l'appartement d'Orlando. Il lui est interdit de venir à la veillée ou aux funérailles. Elle n'est pas autorisée à garder le chien d'Orlando. Pendant ce temps, un inspecteur de l'unité des délits sexuels (Amparo Noguera) rend visite à Marina sur son lieu de travail pour lui poser d'autres questions. Elle oblige Marina à venir au poste et à se soumettre à un examen physique humiliant. Tout ce que Marina veut, c'est être autorisée à dire au revoir à Orlando, à faire son deuil publiquement. Elle n'est pas seulement traitée comme une citoyenne de seconde zone. Elle est traitée comme une non-personne.

Une partie suprenante

Lelio aborde ce sujet avec sensibilité et empathie. Il y a de la retenue dans son style, aussi éloquent soit-il. Il tisse des éléments du mélodrame, du noir. Marina découvre une clé mystérieuse dans les possessions d'Orlando, et sa quête pour découvrir ce que la clé pourrait déverrouiller, constitue une grande séquence du film. "A Fantastic Woman" est rempli de couleurs, les lumières passant du rouge au vert, du bleu au jaune, les corps baignant dans la lumière, se noyant dans les ombres. C'est un monde amorphe, la frontière entre le jour et la nuit, entre la conscience et l'inconscient, est floue. Le directeur de la photographie Benjamín Echazarreta a placé Vega au centre de chaque image, son visage, la nuque, son corps tout entier. Elle se promène dans les rues de Santiago. On la voit tantôt de dos, tantôt de l'autre côté de la rue, la caméra se déplaçant avec elle lorsqu'elle passe devant un chantier, ou le long d'un bloc de vitrines. Elle est généralement seule dans le cadre. Santiago apparaît souvent vidée de ses personnes dans "Une femme fantastique". Ces choix suggèrent l'isolement de Marina, ainsi que sa visibilité vulnérable. C'est comme si elle était une cible ambulante.

"A Fantastic Woman" n'est pas seulement une personne affirmant son droit à être traitée comme une personne. Il s'agit aussi de la vision contradictoire qu'a Marina de la féminité et de la façon dont elle pourrait (ou non) s'y intégrer. Elle est allongée nue dans son lit, les genoux pliés, un miroir rond placé sur ses parties génitales. Elle fixe le miroir, son visage réfléchi la regardant d'entre ses jambes. C'est un plan stupéfiant, rempli de résonance poétique et métaphorique.

Qui se soucie de ce qu'il y a entre ses jambes ? Pourquoi est-ce si important ? Pourquoi est-ce si important ?

Programmation en cours

Projection sous les étoiles à l’Abergement de Varey le vendredi 24 juin 2016 à partir de 20h30

discount

     En ce début de saison estivale, venez partager un moment convivial au Margouillat avec les Joyeux !!!      Avant la tombée de la nuit pour la projection du




Projection sous les étoiles à l’Abergement de Varey le vendredi 24 juin 2016 à partir de 20h30

discount

     En ce début de saison estivale, venez partager un moment convivial au Margouillat avec les Joyeux !!!

     Avant la tombée de la nuit pour la projection du film, nous vous proposons de vous restaurer avec des assiettes de charcuteries, fromages et boissons artisanales et locales.

 

Le Margouillat, café associatif, favorise des rencontres, des échanges, construit des liens, propose des activités, ponctue la vie quotidienne d'initiatives chaleureuses. Il propose des temps de rencontre pour discuter, jouer, participer à des ateliers, découvrir et surprendre … il est ce que l'on décide d'en faire.

Au centre du village de l'Abergement de Varey – margouillat.abergement@gmail.com

 

 

Projection sous les étoiles du film DISCOUNT, durée : 1h45 min.

 

Résumé :

Christiane, Gilles, Alfred, Emma, Momo et Hervé travaillent dans un hard discount. Ils voient leur monde s'effondrer quand leur chef Sofia Benhaoui leur annonce que leur poste va être supprimé. Ils vont être remplacés par des caisses automatiques. Pas question de se laisser faire. Ils décident de dérober des marchandises sur le point d'être périmées pour les revendre à prix cassés auprès de personnes aux revenus modestes. C'est un succès. Ils récoltent plus de 10 000 euros. Mais quelqu'un a dû parler car la direction a vent de leur magasin éphémère. Gilles a un dernier plan pour que tout le monde s'en sorte…

 

 

VENEZ NOMBREUX ET JOYEUX !!!!